Dans un appartement, les souris circulent rarement à découvert : elles longent les gaines techniques, suivent les passages de tuyaux et se glissent dans les coffrages, derrière les cloisons, sous l'évier ou derrière les WC. Ces chemins relient des volumes que rien ne sépare vraiment, si bien que le logement où on les aperçoit n'est pas forcément celui par où elles sont arrivées. Repérer ces trajets aide à comprendre la situation et à préparer l'examen des lieux, sans rien boucher au hasard.
Les gaines techniques, premier chemin de circulation
Une gaine technique est un volume qui rassemble des conduits : électricité, eau, évacuation, ventilation. Elle traverse les étages et les cloisons, et son intérieur reste le plus souvent hors de vue. Pour une souris, c'est un chemin continu, sombre et calme, qui mène d'un point à un autre sans traverser une pièce. Une gaine n'est pas une entrée à proprement parler : c'est une voie de passage. Un logement peut donc connaître des allées et venues sans qu'aucune ouverture visible ne le relie à l'extérieur.
Sous l'évier et derrière les WC
Sous l'évier, les tuyaux d'alimentation et d'évacuation traversent la cloison ou le meuble. L'espace laissé autour d'un conduit n'est pas toujours comblé proprement, et il reste des vides entre le tuyau et son support. Derrière les WC, le raccordement au sol, le conduit d'évacuation et la zone du réservoir forment un recoin que l'on ne voit pas sans se pencher. Ce sont des endroits à éclairer avec une lampe, sans rien démonter : un indice de passage y est fréquent.
Les coffrages et les volumes creux
Un coffrage habille des tuyaux apparents ; un caisson de ventilation, un faux plafond ou une plinthe creuse forment aussi des volumes vides. Ces volumes communiquent souvent avec une gaine ou avec la cloison voisine. Une souris qui longe une plinthe peut ainsi parcourir une pièce entière sans jamais se retrouver sur le sol.
Le jour sous une porte de cave et les entrées discrètes
Deux endroits reviennent souvent quand on cherche par où un animal entre. Le premier est le bas d'une porte de cave, de garage ou de local technique : un battant qui ne joint pas laisse un jour continu sous la porte, et ce jour reste ouvert en permanence. Le second est le pourtour des traversées de mur : arrivée d'eau, câble, conduit de ventilation.
D'autres points comptent aussi : les grilles d'aération, les soupiraux, les passages entre un vide sanitaire et le logement, les joints fatigués en pied de cloison. Une grille adaptée ferme le passage aux animaux sans empêcher l'air de circuler ; en revanche, condamner une ventilation de cave ou de vide sanitaire pour empêcher un animal de passer n'est pas une solution, car l'air doit continuer à circuler. Mieux vaut faire décrire ces points par un professionnel avant toute modification.
L'appartement où l'on voit les souris n'est pas toujours celui par où elles arrivent
Dans un immeuble, les cloisons, les gaines et les vides de construction forment un réseau continu. Un animal peut donc entrer par un local technique, une cave ou un autre niveau, puis circuler à l'intérieur des parois et apparaître dans un logement qui n'a aucune ouverture extérieure directe. Le logement où les indices apparaissent est un point d'observation, pas nécessairement le point d'entrée.
Cela change la façon de chercher. Regarder uniquement la pièce où l'animal a été vu conduit souvent à boucher un endroit qui n'est pas le bon, puis à le voir revenir ailleurs. Il est plus utile de décrire les allées et venues, les heures où on les remarque et les pièces concernées, pour reconstituer un trajet.
Ce que les indices racontent, et ce qu'ils ne disent pas
Les indices s'additionnent : petites déjections le long d'un mur, traces de passage, emballages entamés, bruits dans une cloison, odeur persistante dans un recoin. Aucun, pris seul, ne conclut. Une déjection renseigne sur un passage, pas sur l'espèce ; un bruit dans une cloison peut aussi venir d'un autre animal ; une trace isolée peut être ancienne. Un indice oriente le diagnostic sans le conclure, et recouper plusieurs observations fait partie du travail du professionnel.
Les zones souillées demandent des précautions qui ne s'improvisent pas, et la façon de les prendre se décide au cas par cas avec le professionnel. Le sujet des indices est détaillé dans le guide pour lire les indices sans conclure trop vite.
Ne rien boucher soi-même, mais préparer le passage
Boucher un trou repéré au hasard, avant qu'un professionnel ait examiné la situation, peut déplacer le problème : l'animal cherche un autre chemin, parfois dans une pièce où il n'allait pas. Un rebouchage qui tient dans le temps demande de connaître les accès, la nature du support et les matériaux adaptés ; c'est ce que décrit la page sur le rebouchage des accès et son suivi. Le rebouchage fait partie du travail à prévoir, et son moment se décide avec le professionnel, selon ce qu'il observe.
En attendant, voici ce qui aide, sans rien entreprendre de technique :
- noter les pièces et les heures où des indices ou des bruits apparaissent ;
- photographier sans déplacer ni toucher ;
- laisser libres l'accès sous l'évier, derrière les WC et le pourtour des coffrages ;
- signaler le jour sous une porte de cave ou de local technique, sans le combler ;
- refermer les aliments dans des contenants fermés et sortir régulièrement les restes.
Quand faire appel à un professionnel, et ce qu'il fait
Faire appel à un professionnel de la lutte contre les nuisibles se justifie dès que les indices se répètent, que des bruits reviennent dans les cloisons, ou que vous ne parvenez pas à savoir par où l'animal circule. Son intérêt n'est pas seulement de traiter : c'est d'abord de comprendre le trajet.
Sur place, il examine les gaines, les passages de tuyaux sous l'évier et derrière les WC, les coffrages, les portes de cave et de local technique. Il repère les points d'entrée et les voies de passage, puis explique ce qu'il propose, ce qui relève de la structure du bâtiment et ce qui peut être fait dans le logement. Il indique les précautions à prendre pendant et après son passage, en tenant compte de la présence d'enfants ou d'animaux. Il précise aussi le moment du rebouchage et ce que vous pouvez préparer de votre côté ; le guide pour préparer la visite du professionnel de la dératisation détaille cette étape.
Pour un logement, le service de dératisation des souris couvre l'examen des accès, le traitement et le rebouchage. Le nombre de visites dépend de la configuration des lieux et n'est pas le même partout : il est expliqué après l'examen, pas avant.
Pour aller plus loin
- Dépannage à domicile (Service-Public.fr)
- Doit-on signer un devis ou un contrat avant de faire réaliser des travaux dans son logement ? (Service-Public.fr)
- Se débarrasser des punaises de lit (Stop Punaises, site du Gouvernement)
- SignalConso : signaler un problème avec un professionnel